TOUR DU MONDE EN SAC À DOS, À DEUX

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15 jours en Amazonie : du bateau, du camping en pleine forêt, et de l'Ayahuasca !


Après la Colombie, cap vers l'Amazonie pour de nouvelles aventures !

De l’Equateur au Pérou : bateau, bateau, bateau…

Notre passage en Equateur a été court mais intense ! Après avoir traversé la frontière sous la pluie à l'arrière d'un 4x4, nous nous sommes arrêtés aux portes de l'Amazonie à San Francisco de Orellana, ou El Coca. Une ville sans grand intérêt, mais on s'en souviendra toute notre vie : c’est d’ici, depuis un bar à jus (à 10h les bars ne sont pas encore ouverts…) avec des Equatoriens supporters de la Croatie, que nous avons vécu notre victoire de la Coupe du Monde ! Très très grosse ambiance pour fêter la victoire, vous pouvez imaginer : on était… 2 ! Mais avec les bières, çà faisait plus !

El Coca a été le point de départ de notre épopée en Amazonie. Nous avons pris tôt le matin une lancha avec 80 autres passagers pour rejoindre Rocafuerte, la ville frontière côté Equateur, via le Rio Napo.

Après 10 heures sur le bateau, nous avons tamponné notre sortie du pays. Mais pour passer côté Pérou, il n'y a pas de transport public ! Du coup, c'est sur la petite pirogue du gérant d'un hostel qu'on a traversé le fleuve jusqu'à Pantoja, au Pérou, de nuit et sous la pluie ! Un super souvenir !

Il nous a fallut encore 2 autres jours sur un bateau du même type, sur le Rio Napo, puis sur l'Amazone, pour rejoindre Iquitos. L'occasion pour nous de découvrir la vie dans des petites villages au bord du fleuve : les habitants vivent avec très peu de commodités dans des maisons en bois sur pilotis, avec 3h d'électricité dans la journée, ils se lavent dans le fleuve, ils pêchent et se nourrissent de leur culture... C’est dingue de se dire qu’ils habitent à plusieurs jours de bateau d’une ville, qu’ils doivent attendre l’approvisionnement chaque semaine pour certains produits. Sur le bateau, une des femmes n’a qu’un seul bras. On apprendra qu’après être tombée, elle a dû être amputée car sa blessure risquait de s’infecter avant qu’elle n’arrive à un hôpital, à plusieurs jours de bateau de son village. C'est un mode de vie complètement différent de ce qu'on a pu voir jusque ici.

Les journées sur le bateau sont longues, et fatigantes. On se réveille tôt chaque jour pour partir dans la nuit, il fait froid, on a mal aux fesses...

Au total, depuis l'Equateur, on a passé 30h sur le fleuve et pris 5 bateaux différents ! On a adoré l'expérience qui nous a permis de voir des scènes et des paysages qu'on aurait jamais vu autrement. Après la Colombie, on était en recherche d'authenticité, on a été servi !

Iquitos : un petit air d’Asie !

Arrivés à Iquitos, nouveau choc ! C’est sale, pollué, bruyant, bondé… Il y a des motos taxis partout ! On se croirait en Asie ! Après le calme des villages le long du Rio Napo, la grande ville Iquitos sur l’Amazone contraste au max ! Il y a eu une forte immigration de Chinois et Japonais il y a une centaine d'année, et çà se ressent nettement sur l'ambiance.

Pendant nos 3 jours, on s'est baladé dans la ville. On est passé au marché de Belen, immense où on trouve de tout : attention accrochez votre estomac !

Quand le niveau du fleuve est bas, en saison sèche les habitants les plus pauvres construisent leur village sur ces rives. Le niveau du fleuve pouvant varier de plus ou moins 10m de hauteur, c'est risqué ! Malgré leur maison sur « radeau », chaque année, plusieurs familles perdent leur foyer.

On a aussi fait un tour sur ces énormes bateaux qui ont été laissé à l’abandon.

3 jours de camping sauvage en pleine foret Amazonienne

Après la ville, la forêt ! C'est avec René, "el Rey de la selva", que nous sommes partis 3 jours dans la forêt amazonienne, en autonomie.


René à 62 ans. Il a vécu jusqu'à 16 ans avec sa famille (13 frères et soeurs) dans un village dans la forêt puis a travaillé pour des agences de voyages dans des lodges le long du fleuve. Il connait tout de la forêt amazonienne, des animaux aux arbres, il peut vivre seul plusieurs jours en autonomie. Il parait même qu'il aurait travaillé avec Discovery Channel pour tourner des reportages en Amazonie, avec les anacondas notamment. Il n'est pas très bavard, mais avec lui, on sent qu'on va vivre un truc sympa !

Nos bottes enfilés, nos sacs sur le dos, on s'est enfoncé dans la forêt profonde, et c'était parti pour 3 jours !

Il fait chaud, humide, René avance à coups de machette pour nous frayer un chemin dans cette forêt dense. Nos sacs pèsent, le sol est glissant, on s'enfonce, on s'accroche aux arbres, et par dessus çà, les attaques de nos pires ennemis sont incessantes : LES MOUSTIQUES ! Ils sont énormes, ils piquent à travers les vêtements malgré les répulsifs !

Parfois, nous devions traverser une rivière... Challenge accepted pour René qui peut tout faire avec sa machette, notamment couper des arbres pour construire un pont ! On a marché chaque jour 3 bonnes grosses heures et franchement, çà ne grimpe pas cette fois, mais c'est très dur tant physiquement que psychologiquement !

On a donc campé en pleine nature 2 nuits ! La première nuit, on a construit notre campement de A à Z le long d'une rivière et la deuxième au bord d'un lac. Nous avons dormi à même le sol sur une bâche en plastique avec la moustiquaire comme protection et une autre bâche en guise de toit.

La nuit tombée, les sons sont tellement impressionnants : insectes, oiseaux ou tout autre animal... Il y a tellement de bruits à écouter ! Bon, il y a aussi eu les ronflements de René...

Pour nos repas : riz poulet ! A chaque fois ! On avait aussi emmené des oeufs et des bananes plantains pour le petit dej' ! On a profité du lac pour fabriquer une canne a péche et pêcher des petits poissons à faire griller sur le feu ! Ce fut très impressionnant : des poissons mordaient à chaque fois après environ 10/15 secondes.

Après avoir pêché un Piranha, j'étais certaine de ne pas vouloir me baigner !!!

Lors d'une ballade nocturne, on a vu plusieurs grenouilles et gros crapauds, tarentules et scorpions, qu'on avait déjà eu l'occasion de voir auparavant au Nicaragua et Costa Rica. Ah par contre, cette araignée, c'était une première :

C'est au niveau des oiseaux qu'on en a pris plein les yeux ! De toutes les couleurs, des grands des petits... On n'a pas réussi à les prendre en photos mais ci-dessus des photos Google de nos 3 préférés : le Cardinal, Victor Diaz et le best qui ressemble à un pokemon le Parajo Prehistorico !

C'était 3 jours de fou ! On attendais depuis longtemps ce moment, camper en Amazonie c'était vraiment un rêve ! On en garde un excellent souvenir, et plein de piqures de moustiques pour plusieurs jours !

L’expérience Ayahuasca

Après l'aventure forêt, une nouvelle aventure nous attendais, celle de l'Ayahuasca ! Nous avons passé 5 jours dans une petite cabane près d'un village le long du fleuve.

  • L'Ayahuasca, qu'est ce que c'est ?

L'Ayahuasca est une liane qu'on trouve en abondance dans la forêt. Les indiens lui ont donné ce nom lorsqu'ils ont découvert que boire l'eau dans la liane rendait "soûle" et provoquait des hallucinations : Aya signifie eau et Huasca soûle soit l'eau qui rend soûle. L'ayahuasca est utilisée pour entrer en transe dans un but divinatoire ou comme outil thérapeutique et comme puissant outil de purification lors de rituels de guérison sacrés.

De nombreux Péruviens réalisent régulièrement des cérémonies d'Ayahuasca pour guérir d'une maladie, pour voir leur futur, pour purger leurs mauvaises énergies, pour prendre des décisions... C'est très commun, et même enseigné dans les universités de médecine.


C'est Victor qui a été notre chamane pendant nos 3 cérémonies, celui qui nous a guidé pendant notre retraite Ayahuasca. Il a 78 ans et est chamane depuis presque 50 ans. Pour le devenir, pendant un mois, chaque jour, il a bu le breuvage et est entré en transe, jusqu'à il ait en vision l'Anaconda qui lui a transmis le savoir et les secrets de la liane.

  • Comment préparer l'Ayahuasca ?

Avec Victor, on a cuisiné la préparation. Il suffit de faire bouillir et réduire la liane avec des feuilles de shakuruna et du tabac. La cuisson prend plus de 10 heures, jusqu'à obtenir un liquide épais, visqueux et marron.

  • Comment préparer son corps à l'Ayahuasca ?

Pour vivre l'expérience à fond, pendant une semaine, on a fait un régime spécial : pas de viande rouge, pas de sel ni de sucre, pas de drogue ni d'alcool, pas de café ni de thé, pas de sexe. L'objectif est de préparer le corps à la boisson pour en ressentir au maximum les effets. Enfin, pas de repas le soir avant la cérémonie (car la plante purge l'estomac, autant qu'il soit vide avant de vomir) !

Nous avons vécu 3 cérémonies, donc 3 nuits.

  • Comment se déroule la cérémonie ?

Nous sommes dans notre chambre à 21h, en pleine nuit noire, en tailleur sur des couvertures face à Victor. Pour notre première cérémonie et pour être sûr que tout se passera bien, René, notre guide, est également présent, pour veiller sur nous.

Victor nous donne à chacun une cigarette de pure feuille de tabac, lui en fume une et béni la pièce avec la fumée de tabac. Il prononce des incantations, remue son bouquet de feuille, il invoque Señor Ayahuasca. Il nous dépose ensuite dans le creux de la main une essence de fleur qu'on doit se mettre sur le visage. L'odeur est très forte. Entre ces paroles, les sons, la nuit noire, le chants des oiseaux et les odeurs, l'ambiance est particulière. Victor nous sert un verre de la potion. C'est noir, visqueux, çà sent très fort... Nous devons nous concentrer sur ce qu'on veut que l'Aya nous montre pendant la cérémonie, puis boire le verre. Malgré le goût et l'odeur, on boit tout d'un coup, on est déterminé ! On ferme les yeux, puis c'est parti...

  • Notre expérience personnelle :

Pendant deux heures, on est comme en "transe". Le shaman ne cesse de siffler, chanter, agiter ses feuilles, fumer, et tout çà nous aide à nous concentrer sur les sensations qu'on ressent et sur les visions qu'on peut avoir. Ce n'est pas comme dans un rêve, ou d'un coup on se sent partir mais plutôt comme une sensation, des flashs, des images qui défilent devant nos yeux. On tremble, on a la nausée. La première sensation est très agréable. On sent notre esprit qui monte, puis on se sent perdu dans le temps et l'espace. Enfin des visions brèves mais intenses arrivent. On est bercé par Victor, et par les sons de la nature.

Le reste, c'est très personnel, et on le gardera pour nous :)

Pour terminer cette session, notre dernier jour, Victor nous à préparé un bain de fleurs et plantes. Une manière de nettoyer l'extérieur de notre corps après que l'intérieur et notre esprit aient été purgés. C'était hyper agréable et çà a mis fin comme on le souhaitait à cette expérience.

Pendant ces 5 jours, on a eu l'occasion de beaucoup penser et tirer des conclusions sur ce qu'on a vécu.

Pour les gens d'ici, l'Aya montre le futur. Leur croyance et leur foi les rassure, les aide à faire le point, et souvent ils guérissent parce qu'ils sont persuadés de la puissance de la plante et du shamane, ce qu'on appelle nous Placebo.

Pour nous, plus perplexes, il nous montre ce qu'on a envie de voir, ce qu'on a en tête, et nous conforte dans nos idées.

Mais ce qu'on retiendra le plus c'est cette sensation de puissance et "d'esprit en dehors du corps" pendant la cérémonie, et la sensation de légèreté après chaque cérémonie. On a dû se concentrer sur nous, repousser nos limites, repousser nos peurs, pour que la plante agisse et fasse du bien à notre corps et notre esprit. On réalise qu'on a partagé une expérience tous les deux, intense, inoubliable, si loin de ce qu'on a l'habitude de vivre.

En bref, çà nous a reboosté et chargé en bonnes énergies !

On a aussi eu le temps de se balader dans le village à côté. La vie simple d'un village autour d'un terrain de foot et au bord d'un fleuve. Ca aussi, çà envoie de bonnes ondes !

Nos premiers pas au Pérou ont été intenses !

Iquitos et l'Amazonie, c'était un monde à part !

On à hâte de découvrir le reste du Pérou !

Direction Lima puis Huaraz !

#Pérou #TourDuMonde #Trek #Camping

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